
Je suis retournée à Toronto cette semaine. Je n'y étais pas retournée depuis l'automne dernier je crois. C'était la première fois que je m'absentais plus d'une journée maintenant que Raphaël est en âge de comprendre que "maman est partie" pour "deux dodos". Avant de partir mercredi matin, j'ai eu un léger pincement au coeur en me demandant comment il allait réagir. Allait-il s'ennuyer, me réclamer?
En soirée, quand j'ai appelé mon Beau pour avoir un rapport complet de la situation, il me raconta :
"Raphaël a parlé à sa grand-mère ce soir. Il lui a dit "Maman partie en train"!"
"Wow, il ne s'ennuie pas?"
"Non, il a l'air très heureux de savoir que tu es en train".
Mon fils de deux ans et demi est très heureux de savoir que sa maman voyage en train. Et il ne s'ennuie pas. A-t-il un problème d'attachement à sa maman?
Le pédiatre Jean-François Chicoine, coauteur de Le Bébé et l'eau du bain, affirmait sur toutes les tribunes qu'un enfant sur quatre qui fréquentait la garderie avant l'âge de deux ans pouvait développer des troubles de l'attachement envers ses parents.
Mon fils a commencé à fréquenter la garderie à l'âge de huit mois, à temps partiel. À douze mois, il devenait un petit client à temps plein des services de garde. Nous l'y déposons vers 7h45 et le reprenons vers 17h30-18h00. Dois-je interpréter son comportement comme une manifestation du trouble de l'attachement?
Je ne le crois pas. Quotidiennement, Raphaël est un petit garçon fort affectueux. Il maîtrise fort bien l'art du calin et du bisou. Il nous aime franchement et gratuitement et nous lui retournons bien. Depuis sa naissance, cet enfant baigne dans un environnement où il a appris à avoir confiance.
Pour moi, si Raphaël ne s'inquiète pas de mon absence, c'est bien parce qu'il est confiant. Il sait que je reviendrai lui raconter une histoire et le border. Il sait que je l'aime. Il sait qu'il peut se réfugier dans mes bras s'il a de la peine. Il sait aussi que son papa est là pour lui. Peut-être est-ce dans sa nature d'être confiant, mais le climat familial et la qualité des relations parents-enfants, ont peut-être plus d'importance que le nombre d'heures passées en garderie? Je pose la question, mais j'aurais beaucoup de difficulté à me faire convaincre du contraire.
Quand nous regardons notre fils, nous ne voyons pas qu'un bébé. Nous voyons aussi l'enfant, l'adolescent et l'adulte qu'il deviendra. Et nous soignons notre relation avec lui de sorte qu'il y aura toujours un lien fort entre nous, même si nous commettons des erreurs ici et là.
14 septembre 2006
Maman est partie en train!
Publié par :
Mamamiiia!
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8:12 PM
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Mots clés la mère dans tous ses états
11 septembre 2006
140$ par semaine et réduction des services
Le manque de place en CPE refait l'actualité. Enfin, on en parle!
Quand j'ai inscrit mon fils à la garderie privée l'an dernier, je n'avais pas d'autres choix : il n'y avait pas de places dans les Centres de la petite enfance (CPE) de ma région. Au moment de l'inscription, le tarif était de 26$ par jour, soit 130$ par semaine. Quelques mois plus tard, le tarif hebdomadaire passait à 135$.
Cette semaine, nouvelle augmentation: de 135$ par semaine, le tarif passe à 140$. Si vous faites un calcul rapide, c'est une augmentation de 240$ par année. Nous payons plus de 7 000$ en frais de garde pour l'année. Si vous vous demandez comment nous faisons, la réponse est simple : ce sont nos RÉR qui y passent.
Pour ajouter de l'huile sur le feu, la direction de l'établissement profite de cette annonce peu réjouissante pour nous informer qu'elle réduira les services. En effet, les heures d'ouverture étaient de 6h45 à 18h et passeront, à compter du 2 octobre, de 7h à 17h45. Une demi-heure de moins par jour.
Je suis outrée par cette situation principalement parce qu'elle démontre que les garderies privées sont en situation de quasi monopole. Si la concurrence m'ouvrait grands les bras, je n'aurais qu'à me tourner vers elle. Mais voilà, il n'y en a pas. Je ne peux pas brandir la menace de retirer mon enfant de cette garderie, car je n'ai pas d'autres choix que de payer et de subir. Et je suis encore plus en maudit du fait que ce rapport de force inégal entre le parent-payeur que je suis et l'entrepreneur privé qui garde mon enfant est entretenu par un système de garde public supposément universel, mais qui ne peut répondre aux besoins de tous les parents.
Je suis outrée par cette situation principalement parce qu'elle démontre que les garderies privées sont en situation de quasi monopole. Si la concurrence m'ouvrait grands les bras, je n'aurais qu'à me tourner vers elle. Mais voilà, il n'y en a pas. Je ne peux pas brandir la menace de retirer mon enfant de cette garderie, car je n'ai pas d'autres choix que de payer et de subir. Et je suis encore plus en maudit du fait que ce rapport de force inégal entre le parent-payeur que je suis et l'entrepreneur privé qui garde mon enfant est entretenu par un système de garde public supposément universel, mais qui ne peut répondre aux besoins de tous les parents.
Si par magie le Ministère de la Famille décidait d'ouvrir un nouveau CPE dans ma localité et qu'une dizaine de parents dont les enfants fréquentent la garderie privée y trouvaient une place, le rapport de force changerait. La garderie privée en question perdrait les revenus associés à une dizaine d'enfants et elle serait obligé de réviser ses tarifs et son offre de service. Elle serait en situation de concurrence. Et c'est habituellement ce mécanisme qui permet de rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande. Sans concurrence, l'entreprise privée fait ce qu'elle veut. Est-ce bien dans ce type de système que nous voulons éduquer nos enfants? Est-ce acceptable?
Y a-t-il une solution?
Au début de septembre, les médias ont abondemment parlé de la décision du ministère de la Famille d'empêcher les garderies privées subventionnées de demander des frais supplémentaires aux parents pour financer certains services. En soit, la Ministre a pris une décision légitime. Or, la conséquence a été de rendre les parents encore plus vulnérables face à leur garderie, en particulier celles qui cherchent à contourner les règles. Que peuvent faire les parents? Qui peut véritablement contester? Qui peut menacer de changer son enfant de garderie? Ou est le pouvoir de négociation des parents dans tout ça?
Le système des CPE à tarif universel n'aurait pas été une mauvaise idée si tous les parents avaient pu y avoir accès. En principe, nous devrions même, en tant que parent, avoir le choix entre une place en milieu familial ou en installation. Et si le système se veut universel et que je suis obligée de payer le gros tarif pour envoyer mon enfant dans une garderie privée, faute de place en CPE, ne devrais-je pas obtenir une compensation fiscale équivalente au montant que j'économiserais si j'avais accès au réseau public? Si je déboursais 7$ par jour et que le gouvernement m'en donnait 21$, je couvrirais aisément les 140$ par semaine que me gobe hebdomadairement ma garderie privée. Et au bout du compte, ça coûterait moins cher à l'État que de financer de nouvelles places en CPE, non?
Si une telle solution était envisagée, elle permettrait à des parents comme moi de respirer un peu financièrment, mais également de rétablir l'équilibre du marché. D'autres garderies privées pourraient voir le jour et ainsi créer un climat de saine concurrence. Les parents se sentiraient un peu plus libres de "magasiner" la garderie de leur choix, sachant que le montant excédant les 7$ leur serait remboursé (jusqu'à concurrence de 35$ par jour, par exemple). Par conséquent, la concurrence entre les garderies privées les obligerait à parfaire leur offre de service, bien avant de songer à augmenter leurs tarifs parce que le parent-payeur aurait enfin un pouvoir de négociation. En parallèle, le réseau des CPE pourrait continuer d'exister et le gouvernement subirait moins de pression de la part des parents pour en poursuivre le développement.
Publié par :
Mamamiiia!
à l'adresse
10:04 PM
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Mots clés services de garde
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