07 février 2008

Le droit d'être poche

Cette semaine, j'ai assisté à une conférence fort intéressante où j'ai retrouvée mes amies et collaboratrices préférées. Rien de plus plaisant que de se retrouver entre professionnelles et de partager nos visions respectives sur le milieu.

À l'heure du lunch, la conversation a vite tournée sur nos réalitées plus personnelles de mères et de professionnelles et sur la pression, réelle ou imaginée, de toujours faire mieux. Qu'est-ce qui nous pousse à toujours être de "meilleures" mères, de "meilleures" épouses/conjointes, de "meilleures" femmes? Pourquoi sommes-nous constamment tracassées par ce besoin difficile à réprimer de tout réorganiser dès que le chaos se pointe le moindrement le nez? Mon amie Martine me disait qu'elle avait un peu abdiqué ce besoin de toujours être "meilleure" et qu'elle optait pour le concept de "good enought mother". Faut-il vraiement tout sacrifier de nos aspirations personnelles et se surpasser (de manière réelle ou imaginée) dans notre rôle de mère? À bien y penser, qu'est-ce qu'une bonne mère? Comment nos enfants nous évalueront-ils quand ils seront devenus adultes? Faut-il se mettre tant de pression sur les épaules en tant qu'être humain? Devons-nous être bonnes tout le temps?

Bref, la conversation nous a mené sur la nécessité de se permettre le luxe de l'imperfection. Martine nous avouait qu'elle tricottait et que c'était pour elle une occasion en or de pratiquer une activité sans rechercher la perfection. Je me suis sentie réconfortée car, je l'avoue, je n'ai aucun talent manuel. Il me faut généralement de trois à six mois pour me décider à installer un cadre. Si je couds un bouton, il est croche à coup sûr. Il y a quelques années, ma super belle-soeur a commencé à créer des colliers superbes (elle devrait d'ailleurs les vendre, mais je n'ai pas encore réussi à la convaincre). Ses colliers étaient d'ailleurs si jolis que j'ai moi-même tenté l'expérience de la création. J'ai acheté des tonnes de billes, du fil et tout le nécessaires pour laisser libre-cours à mon imagination. Résultats : je n'ose même pas porter mes propres colliers! Je les regarde et j'ai envie de les jeter à la poubelle! Ils sont laids! Aucun talent.

"C'est pas grave!" m'a dit Martine! "On a le droit d'être poches dans quelque chose, non?".

Son affirmation-interrogation a suscité un vent de sympathie autour de la table. Du coup, tout le monde a eu envie de partager son anecdote et ce, même les trois gars qui partageaient le lunch avec nous.

Du coup, on a dit qu'il faudrait donner suite à ces réflexions...on vous tiendra au courant de nos démarches...

En attendant, vous autorisez-vous à être "poches" parfois?